Permettez-moi de faire quelques réflexions suite au «
Lieserbréif
» du samedi 11 octobre 2003 sur le thème de
l’intégration
scolaire d’enfants handicapés. Chaque enfant a le droit de
bénéficier
d’une éducation scolaire permettant de développer
au
mieux ses capacités tout en tenant compte de ses limites. L’Etat
doit en être le garant et par conséquent les
employés
publics. Toute la société en sera le
bénéficiaire.
Et puisqu’on est tous égaux devant la loi « 10+1, 15+1 ou
20+1 » enfants ont le même droit à une
éducation,
sans être écarté, sous prétexte que l’un ou
l’autre enseignant se sent « incapable de maîtriser de
telles
situations ». Peut-être devrait on réfléchir
à rémunérer les enseignants selon leurs
capacités
!
Personne prétend que l’intégration est facile,
mais l’être humain se développe grâce à sa
capacité
de surmonter d’une manière créative les
difficultés
et les crises de la vie quotidienne. Ce développement n’est
certes
pas toujours évident, mais n’est-ce pas un des sens de la vie
humaine
?
Il est regrettable que bon nombre de politiciens semblent
préférer
« embrasser un petit handicapé » et «
d’être
pris en photo » au lieu d’accorder les heures d’appui et de
supervision
nécessaires. Il n’y a pas d’excuse non plus par quant à
une
formation pédagogique insuffisante, surtout si une telle
formation
se veut être partie intégrante de l’université de
Luxembourg.
Par ailleurs, ne pas vouloir « être tenus pour
responsables
» de leurs erreurs, comme le craignent apparemment «
beaucoup
d’enseignants », est une approche irresponsable comme le dit le
mot
lui-même. Doit on confier des enfants à des
irresponsables
? J’ose espérer que non. En tout cas, les enseignants, qui
prennent toutes les responsabilités que leur exige
l’éducation
de tous les enfants qui leur sont confiés, existent aussi, mais
éventuellement pas en nombre suffisant.
Ensuite, je ne comprends pas pourquoi les plus faibles,
c'est-à-dire
les enfants et encore plus les enfants handicapés, doivent
changer
d’école en cas de refus de l’enseignant. Pourquoi ne pas
transférer
les enseignants dépassés. Mais qui est preneur ?
Ne pas accepter un enfant qui ne correspond pas aux attentes
qu’on se fait d’un bon élève est une attitude
égoïste.
Est-ce le fait d’écarter un enfant handicapé de
l’école,
n’est pas équivalent aux parents qui placeraient tout simplement
leur enfant handicapé, difficile ou pas à leur
goût,
dans un home pour enfants ! Comme conclusion je ne peux qu’affirmer :
Oui
au droit à l’intégration naturelle sans exception !
Alfred Groff, psychologue (alfredgroff@internet.lu)